ACTU ECO ET TRANSITION ENERGETIQUE : Xavier CHOLLET – Gérant du fonds PICTET-CLEAN ENERGY

Performance

Au 9 juin, la performance YTD nette de frais de gestion en euros est de +5,34% (part I EUR) soit une surperformance de près de 10% par rapport au MSCI AC World (-4,55%). (Performances nettes de frais de gestion de la part I EUR – Données au 9 juin 2020).
Le fonds a mieux résisté dans la phase de baisse (-30.69% du 19 février au 23 mars, contre -33.43% pour les actions internationales) et a davantage profité du rebond (+41%, contre +34.19% depuis le 23 mars).


Conséquences de la baisse du prix du pétrole sur les énergies propres

Alors que le prix du pétrole a chuté de 40% en dollars sur le 1er trimestre, on constate désormais une décorrélation du prix du pétrole et de la valeur des sociétés liées aux énergies propres.

  • Nous utilisons encore aujourd’hui beaucoup de pétrole, de gaz naturel et de charbon en tant que sources d’énergie. Cependant, 70% du pétrole est utilisé dans le monde du transport et 24% dans nos usines. On ne produit donc que peu d’électricité avec ce pétrole. Les énergies renouvelables sont davantage en concurrence avec le charbon, le nucléaire et le gaz naturel. Nos gérants pensent donc que le pétrole n’a ainsi que très peu d’impact sur les fondamentaux des sociétés utilities que nous détenons en portefeuille.
  • Les énergies renouvelables connaissent une forte augmentation de leur croissance, indépendamment du prix du pétrole, pour plusieurs raisons : 1/ les considérations en termes de santé et de changement climatique et 2/ pour une raison désormais économique : ces 8 dernières années, le coût de l’électricité solaire a baissé de 80%. Les énergies renouvelables sont ainsi devenues, dans de nombreuses régions du monde et sans subventions, meilleur marché que les énergies fossiles.
  • Le prix du pétrole ne compromet pas non plus le futur des véhicules électriques. D’une part, le consommateur final ne bénéficie pas d’une baisse du prix du pétrole de 40% mais de 16% en France et 10% en Italie (en prenant en compte le prix à la pompe du sans plomb 95), les taxes et impôts divers étant peu compressibles. D’autre part, la transition vers l’électrification du transport est véritablement lancée : on estime que d’ici 3 à 5 ans l’achat d’une voiture électrique sera économiquement plus intéressant grâce à la baisse du prix des batteries. De plus, le Green Deal Européen qui a pour ambition que l’Europe soit le 1er continent net zéro carbone en 2050 et une réduction de la mortalité liée à la pollution de l’air. La législation est stricte et ne laisse aucun autre choix aux constructeurs de voitures que d’aller vers le 100% électrique. Le meilleur symbole en termes d’électrification du transport est TESLA, qui a vu son cours de bourse plus que doubler depuis le début de l’année.

Perspectives de la stratégie dans un monde post-Covid

  • La crise actuelle va accélérer les efforts pour réduire la mortalité liée à la pollution de l’air : chaque année 7 à 9 millions de personnes meurent à cause de la pollution de l’air. Selon l’OMS, 90% des enfants dans le monde respirent un air qui est trop toxique. Ces particules fines viennent essentiellement du charbon pour la production d’électricité et du pétrole dans le monde du transport et de nos usines. Il faut donc 1/ réduire notre consommation de charbon et accélérer la transition vers les renouvelables et 2/ réduire notre consommation de pétrole et accélérer la transition vers l’électrification du transport. C’est là l’un des objectifs du plan de relance européen annoncé le 27 mai dernier. Ces 2 segments (renouvelables et e-mobility) représentent plus de 50% des investissements du fonds Clean Energy.
  • La thématique du changement climatique prend toujours plus d’ampleur et à tous les niveaux : l’opinion public et notamment chez la jeune génération, les grandes sociétés de notre économie qui montrent l’exemple (Microsoft, Google, Facebook), de plus en plus de villes qui annoncent une interdiction totale de circulation de véhicules diesel et essence à horizon 2030 et enfin nos gouvernements qui commencent à agir de manière de plus en plus importante. L’Europe est un bon élève avec le Green Deal Européen. Il va dicter de nouvelles lois et mesures d’encouragement ainsi qu’une redirection des subventions dans les trimestres à venir. Le plan de relance européen en est également un bon exemple : il est fortement dirigé vers la transition énergétique (solaire, éolien, vague de rénovation des bâtiments et subventions pour l’achat de véhicules électriques).
  • 3 grands axes de développement et de transformation de nos industries sont nécessaires pour arriver au Green Deal Européen :
    • L’électrification de notre économie : on va graduellement utiliser de moins en moins d’énergies fossiles mais de plus en plus d’électricité. En théorie, on devrait électrifier 80% de notre économie (voitures électriques, pompes à chaleur et de systèmes de climatisation dans nos bâtiments etc.). Cette électricité supplémentaire viendra en majorité de sources renouvelables : le solaire et l’éolien. Ils représentent aujourd’hui 10% de la production d’électricité mondiale et devraient représenter 70% en 2050.
    • L’e-mobility : le fonds y est investi à hauteur de 25% via différents segments : industriel, infrastructures de charge, sociétés pure players comme Tesla, semiconducteurs comme II-VI. II-VI (3.12% du portefeuille à fin mai), small cap dans le domaine des semiconducteurs, a vu son cours de bourse doubler depuis le début de l’année. La société est une des seules capable de synthétiser des matériaux (les semiconducteurs composés) qui permettent un gain massif en termes d’économie d’énergie (exemple : le carbure de silicium). Ces matériaux sont utilisés lorsque la puissance du signal électrique et le voltage sont élevés comme dans l’électrification du transport, les renouvelables et les opérateurs télécom 5G. Concernant l’électrification du transport, la France et l’Allemagne ont décidé d’augmenter les subventions pour l’achat d’un véhicule électrique (exemple de l’ID3 100% électrique de Volkswagen)
    • L’accélération des progrès technologiques qui permettent l’efficacité énergétique dans nos bâtiments, nos usines et dans le monde du transport.

L’ensemble nos titres en portefeuille devraient ainsi bénéficier de la transition énergétique et des plans de relance.

  • ENEL (1ère position, 4.9% du portefeuille à fin mai) est le plus gros développeur de renouvelables en Europe. Le titre avait injustement souffert lors de la correction des marchés à cause de sa domiciliation en Italie, et ce malgré un modèle d’affaires extrêmement défensif. Cette baisse de 40% en l’espace de quelques semaines a permis aux gérants d’augmenter leur position. Le titre est remonté de 35% depuis. De plus, 45% du plan de relance européen seront pour l’Italie et l’Espagne (représentent les deux-tiers de l’EBITDA d’Enel). Enel va donc bénéficier de manière disproportionnée de ce plan de relance.
  • ORSTED (2.30% du portefeuille à fin mai) est le leader de l’énergie éolienne offshore. Nous assistons à une revalorisation graduelle des utilities, au fur et à mesure qu’elles ferment toutes leurs usines charbon et deviennent 100% renouvelables. La valorisation d’Orsted nous semble désormais juste mais c’est un phénomène que nos gérants pensent observer dans les années à venir sur la majorité de notre portefeuille des utilities renouvelables.

Répartition du portefeuille (données à fin mai)

En conclusion, le fonds bénéficie de puissants moteurs de croissance séculaires qui connaissent des points d’inflexion très visibles, à savoir une énergie renouvelable de plus en plus compétitive, le développement des transports électriques et la recherche d’efficacité énergétique industrielle pour lutter contre la pollution et le changement climatique. Les gouvernements et la législation, à l’image du plan de relance européen, accélèrent le changement. L’avenir apparaît ainsi très prometteur pour la stratégie Pictet-Clean Energy.


Le fonds est référencé chez Ageas, Axa Thema, Cardif, Alpheys, Generali, Intencial, Nortia, Oradea, SwissLife et Vie Plus.

PHOTO : Copyright PICTET GROUP